Témoignages

10ansMastèreTémoignage  Découvrez le témoignage de Violeta Moya Alvarez 
  (promotion 2010-2011) :

« After obtaining an MD degree from the University of Barcelona and carrying out research projects in epidemiology of infectious diseases with different NGOs in Africa (Western Sahara, Niger), I completed my studies with a Master of Public Health at the Ecole Pasteur-Cnam by specialising in malaria epidemiology (Institut Pasteur Madagascar) and a Master in Economics of International Development (Sciences Po Paris). I also completed a Master in Nutrition (major in Public Health and Nutrition) at the Open University of Catalunya (UOC). 

I then had an internship with the World Health Organisation on epidemiological monitoring of tuberculosis and then completed a scientific thesis (PhD) at the UMR 216 of the Institut de la Recherche pour le Développement (IRD), Mère et Enfant face aux Infections Tropicales (MERIT), on P.falciparum parasitemia risk factors in pregnant women and young children in Benin. During my career I obtained the 3rd price Gemma Rossell i Romero for young researchers as well as the 2014 EHESP Network symposium award. Throughout the years I have presented my work in scientific conferences, such as the European Congress of Tropical Medicine and Hygiene and the Congress of the American Society of Tropical Medicine and Hiygiene. At present I am a post-doctoral fellow at the Molecular Microbial Pathogenesis Unit of the Institut Pasteur. My research is focused on the develoment of a dysbiotic gut microbiota in infants in the Central African Republic. »

10ansMastère

Découvrez également le témoignage de Noémie Courtejoie   Témoignage
(promotion 2014-2015) :   

« Avant le Mastère, j'ai été diplômée en Biologie à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm. J'y ai reçu une formation caractérisée par l’interdisciplinarité, ayant pour fil conducteur la compréhension des interactions entre les maladies infectieuses et l’environnement.

Au cours de ces années, j’ai réalisé plusieurs stages de laboratoires dans des environnements très différents, sur des thématiques variées :

•  J'ai travaillé sur la dynamique des matières organiques des sols dans un contexte urbain à l’Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris.

•  J'ai ensuite rejoint le laboratoire de Thomas Hope implanté dans l’école de médecine de l’Université Northwestern à Chicago, où j’ai étudié les premiers stades de la réponse cellulaire à l’infection par le VIH par des techniques de biologie moléculaire. Pour explorer davantage le lien entre maladies infectieuses et environnement, je me suis rendue en Guyane, à l’Institut Pasteur de Cayenne. J’y ai fait de la génétique évolutive pour étudier le rôle des chauves-souris dans la dynamique et l’émergence de différents virus, en étudiant la façon dont certains gènes de l’immunité innée ont été façonnés au cours du temps.   

Mes  années  à  l’ENS m’ont  permis  d’affiner  mes  attentes  professionnelles et d'accroître mon intérêt pour les problématiques de santé publique. J’ai ainsi suivi le Mastère spécialisé de santé publique pour approfondir mes connaissances en épidémiologie, et également pour m'ouvrir aux sciences sociales. Cette formation très riche m'a notamment permis de renforcer ma compréhension des grands enjeux de santé et de sécurité  sanitaire en France et dans le monde, et plus particulièrement dans le domaine des risques infectieux. J’ai pu identifier les différents maillons de la chaîne de décision en santé publique (de l’expertise aux décideurs), rencontrer de nombreux acteurs (académiciens, administratifs, opérateurs du privé, etc.), et cerner les perspectives de carrières me correspondant.

J’ai réalisé mon stage de mastère en épidémiologie moléculaire au sein du laboratoire de Génétique Fonctionnelle des Maladies Infectieuses d'Anavaj Sakuntabhai à l'Institut Pasteur Paris. À partir de données issues d'une population d’Asie du sud-est où la dengue est endémique, je  me  suis  intéressée aux spécificités immunitaires des individus asymptomatiques, en comparant l’expression des gènes chez des individus infectés, présentant ou non des symptômes. Le mastère a réaffirmé mon attrait pour l’application des résultats de la recherche et leur intégration dans l’action publique. Par la suite, j'ai ainsi rejoint le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts, un corps technique de l'État rattaché au ministère de l'agriculture et de l'écologie, ayant notamment pour mission de faire  face  aux  attentes  croissantes  des  citoyens  en  matière  de  protection.

Afin de disposer d'experts dans ses différents domaines de compétences, et de renforcer les liens entre la recherche et l'exécutif, mes ministères employeurs m'ont permis d'achever ma formation scientifique par un doctorat. J'effectue actuellement une thèse en co-direction entre l'équipe de Modélisation Mathématique des Maladies Infectieuses de Simon Cauchemez à l'Institut Pasteur Paris, et l'équipe d'Epidémiologie de Bénoît Durand, au sein du laboratoire de santé animale de l'ANSES. Mon projet consiste à modéliser la dynamique et le contrôle de la fièvre catarrhale ovine (causée par le sérotype 8) en  France  sur  la  période 2006-2017. Cette maladie virale vectorielle qui touche essentiellement les ruminants, et contre laquelle la lutte est obligatoire sur le territoire national a réémergé depuis septembre 2015, alors que l'on pensait qu'elle avait disparu suite à l'épizootie de 2006-2009.

À l'issue de ma thèse, je pense valoriser mes acquis en occupant des postes plus opérationnels, liés à la gestion des maladies infectieuses animales ou humaines (ou les deux !).

Au bilan, le mastère spécialisé de santé publique est intervenu à un moment de mon parcours où je cherchais à diversifier ma formation
scientifique pour m'orienter vers des thématiques plus opérationnelles, en lien avec l'action publique. Cette formation de grande qualité a tout à fait rempli mes attentes (et même plus !) et permis de préparer mon avenir. J'y ai vécu une belle aventure à la fois intellectuelle et je tiens à remercier Arnaud pour ses enseignements, son implication dans le mastère et sa générosité ! »

* Témoignages présentés lors de la cérémonie des 10 ans du Mastère spécialisé le 28 avril 2017.

Plus de témoignages d'anciens élèves...

Recherche  Un parcours de recherche
  Simon Galmiche (promotion 2019-2020) :

SG

« Après avoir suivi des études de médecine à la Faculté Paris Descartes, j’ai commencé en 2015 un internat de médecine interne en région Ile-de-France. J’ai interrompu mon cursus un an pour suivre l’enseignement du Mastère spécialisé de santé publique de l’école Pasteur-Cnam. La polyvalence des enseignements m’a permis d’avoir une vue d’ensemble sur de nombreux aspects de la santé publique, entouré d’étudiants et d’enseignants venant d’horizons très divers. Je me suis ensuite dirigé vers la spécialité risque infectieux pour approfondir mon intérêt pour l’épidémiologie des maladies infectieuses.

Alors qu’il était prévu que je travaille sur les méthodes de mesure de charge virale de l’hépatite B au cours de la grossesse, la pandémie de COVID-19 m’a amené à rediriger mon projet de stage, dans l’Unité d’Epidémiologie des Maladies Emergentes d’Arnaud Fontanet à l’Institut Pasteur, vers des projets de lutte contre l’épidémie via les outils de télémédecine, les troubles olfactifs et gustatifs au cours de la COVID-19 dans une étude réalisée dans des écoles de l’Oise, ainsi que la mise en place d’une étude cas-témoins sur les comportements et habitudes associés au risque d’infection par le SARS-CoV-2 (étude ComCor). Cette expérience variée m’a offert un panorama riche de la vie de recherche en épidémiologie, de la mise en place d’un projet coordonné avec différents acteurs, la réflexion au design d’une étude, jusqu’à l’analyse épidémiologique des résultats d’une étude de cohorte.

Après une année à l’hôpital pour terminer ma formation de médecine interne, au cours de laquelle j’ai soutenu ma thèse d’exercice de médecine sur les infections fongiques invasives chez des patients atteints de maladies auto-immunes, j’ai débuté en 2021 un doctorat d’épidémiologie dans l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes sur l’étude ComCor. Je dois travailler notamment sur les données d’incubation, en collaboration avec l’équipe de Modélisation Mathématique des Maladies Infectieuses de Simon Cauchemez, et l’analyse de descriptions de circonstances de contamination en texte libre par des méthodes de traitement automatique des langues en collaboration avec l’équipe d’Imagerie et Modalisation de Christophe Zimmer. Je souhaite ensuite poursuivre mon parcours en recherche en épidémiologie. »

 

Recherche  Un parcours pluridisciplinaire à la croisée de la médecine, de la recherche et de l'humanitaire
  Bastien Mollo (promotion 2015-2016) :

Bastien Mollo« Suite à des études de médecine en maladies infectieuses à Paris, et plusieurs expériences en santé internationale, j’ai choisi d’effectuer le Mastère Cnam-Pasteur pour son approche multidisciplinaire de la santé publique et sa grande ouverture sur la santé mondiale. J’ai effectué mon stage à l’Institut Pasteur du Cambodge sur une étude épidémiologique portant sur la rage.

J’ai ensuite poursuivi mon parcours d’infectiologue à l’hôpital Bichat puis à Médecins Sans Frontières (MSF), et occupe dorénavant un poste partagé entre ces deux institutions, pour réunir pleinement les trois domaines indissociables qui me passionnent : la médecine, la recherche et l’humanitaire.

Mes deux champs de spécialisation concernent la santé des populations précaires, et l’antibiorésistance en contexte humanitaire.

En France, j’ai été responsable médical du projet de MSF « Précarité et Covid-19 en Ile-de-France » pendant la première vague épidémique. Outre les challenges opérationnels soulevés, ceci a été l’occasion de mener deux études épidémiologiques : une sur l’accès aux soins pendant le premier confinement, et l’autre sur la séroprévalence de la Covid-19. Dans la continuité, j’ai été à l’initiative d’une enquête de couverture vaccinale anti-Covid-19 auprès de ces populations, pilotée en collaboration par Epicentre et Santé Publique France, et mobilisant de nombreux acteurs. D’autres projets sont en cours de montage avec l’équipe de l’hôpital Bichat.

A l’étranger, j’ai mis en place un programme d’antibiotic-stewardship dans un hôpital de MSF en Centrafrique, avec des enjeux majeurs en termes de transfert de compétences, et exerce maintenant en tant que référent médical au siège de l’ONG pour accompagner ces programmes, avec des visites sur différents terrains. Plusieurs projets d’innovation dans ce domaine sont en cours d’élaboration entre MSF et Bichat, ainsi que des partenariats pédagogiques.

En outre, ces projets ont permis plusieurs communications et publications, notamment au congrès européen ECCMID ou dans le Lancet Public Health et devraient me permettre la validation d’un doctorat en épidémiologie.

Le Mastère m’avait passionné par la richesse de ses approches, que je mobilise désormais dans mon quotidien : Management de la santé, Sécurité sanitaire, Epidémiologie, Gestion de bases de données et statistiques, Anthropologie, Modélisation en maladies infectieuses, Global Health, One Health…  Je suis désormais plus que convaincu que la réussite de tels projets réside justement dans cette pluridisciplinarité ! »

 

Recherche  Un parcours d'épidémiologie de terrain en Outre-Mer
  Marion Subiros (promotion 2013-2014) :

Marion Subiros« En débutant mes études de pharmacie à Toulouse, j’espérais découvrir un métier qui me permette d’aller à la rencontre de différentes populations via la santé. J’ai d’abord acquis des connaissances en chimie, en sémiologie, en sciences de la vie et du médicament. J’ai découvert la santé publique lors d’un stage à l'Institut de la Francophonie pour la Médecine tropicale et la Santé Publique au Laos. J’ai participé à une étude sur les connaissances, attitudes et pratiques en pharmacovigilance à Vientiane. Une première expérience qui m’a donné l’envie de découvrir d’autres pratiques en santé ; et une première rencontre décisive, celle d’un ancien pasteurien qui m’a transmis sa passion du métier de scientifique. Sur la fin de mon cursus, j’ai eu l’occasion de contribuer à l'élaboration d'un observatoire sociodémographique et santé en zone rurale à Madagascar. Dans ces deux pays aux systèmes de santé fragiles, je me suis confrontée aux réalités et aux difficultés du « travail de terrain ».

A ce stade, je souhaitais poursuivre mon chemin dans le domaine de la santé publique. J’ai cherché une formation pour compléter mon doctorat en pharmacie. Je la voulais complète pour mieux appréhender ce vaste monde qui me posait encore beaucoup question ; mais également suffisamment riche pour me professionnaliser. C’est l’Ecole Pasteur-Cnam qui a répondu à mes attentes. J’y ai trouvé les clefs pour devenir un véritable acteur de santé publique. La qualité des enseignements et des intervenants m’a entièrement satisfaite. Grâce à cette formation, j’ai pu acquérir et maîtriser les démarches et méthodes en épidémiologie, cerner les enjeux en matière de sécurité sanitaire, et comprendre les principales politiques de santé en France et à l’étranger. J’ai terminé le Mastère à l’Institut Pasteur de Madagascar en réalisant une étude sur l’incidence de la grippe chez les femmes enceintes. Un projet formateur, tant au niveau de l’enquête épidémiologique et du management d’équipe que du côté de l’analyse statistique.

En 2014, j’ai intégré la Direction des Maladies Infectieuses de Santé publique France, au sein de l’unité « Infections associées aux soins et résistance aux antibiotiques ». C’était un poste très polyvalent autour de l’alerte sanitaire dans le paysage sanitaire français et européen.

Je suis arrivée à Mayotte en 2016 pour y déployer les missions de Santé publique France. Il s'agissait de mettre à disposition des décideurs, une expertise épidémiologique indépendante. Le territoire présentait des enjeux aussi complexes qu’intéressants : contexte géopolitique inédit, inégalités socio-économiques et santé, insularité, accroissement démographique, faible niveau de littératie... Au fil des années, j’ai pu mettre à profit les enseignements du Mastère, notamment en termes d’épidémiologie de terrain. A l’image des nombreuses rencontres faites au cours de la formation, j’ai développé un réseau de professionnels issus de la santé humaine, animale et environnementale. Nous avons mis en place des réseaux de surveillance épidémiologique des maladies infectieuses et contribué à l'élaboration de la politique de santé locale. Ainsi, nous avons pu adapter nos recommandations vaccinales pour la grippe, proposer des méthodes d’investigations de maladies liées à l’eau, ou encore pointer la persistance de maladies telles que la diphtérie ou la fièvre de la vallée du Rift. Par ailleurs, nous avons été confrontés à différentes situations de crise : pénurie d’eau potable, chute de couverture vaccinale, mouvements sociaux, crise sismique, pandémie de Covid-19... Ensemble, nous avons étudié l’impact de ces situations inédites et proposé des stratégies de réponse. Par la suite, j’ai complété ma formation avec un certificat me permettant d’être plus opérationnelle en promotion de la santé, un champ complémentaire de l’épidémiologie.

A Mayotte, comme ailleurs dans le monde, on se penche sur les solutions aux conséquences des changements globaux. Je crois à la mutualisation des forces en santé publique, celles qui sont au service de la santé de l’Homme, des animaux et de leurs environnements. L’approche One Health est ambitieuse et peut parfois donner le vertige. Quel projet que celui de coordonner tant d’acteurs et de programmes à travers la planète ! Mais c’est ce partage des savoirs et des réalités qui donne du sens à notre travail et le rend si passionnant. »

Médecine  Un parcours dédié à la médecine obstétricale pour les populations démunies 
  Mamadou Kampo (promotion 2016-2017)

Mamadou Kampo➜ Avant le Mastère spécialisé…

Mamadou Kampo est médecin de formation. Il a obtenu son Doctorat de Médecine à la Faculté de Médecine de Bamako (Mali) en 2006, avant de se spécialiser en gynécologie-obstétrique au sein de la même université. Pour compléter sa formation, Mamadou a suivi plusieurs diplômes universitaires en France, dont le DFMSA Gynécologie-obstétrique de l’Université Paris V, le DIU Endoscopie gynécologique de l’Université d’Auvergne et le DIU Médecine fœtale de l’Université Paris-Sud.

Motivé par une volonté sans faille de continuellement améliorer sa pratique médicale, le Dr Kampo a également suivi le MOOC Concepts et méthodes en épidémiologie du Professeur Arnaud Fontanet sur la plateforme FUN MOOC. Cet obstétricien de l’hôpital de Tombouctou (Mali) a été convaincu par la flexibilité, la qualité et l’accessibilité du MOOC. Il témoigne :

« Mon intérêt s’est naturellement porté sur le MOOC Concepts et méthodes en épidémiologie parce que j’ai toujours été captivé par la recherche clinique pour l’amélioration de la pratique médicale. J’ai trouvé très intéressant ce MOOC que j’ai suivi avec beaucoup d’enthousiasme : les cours y étaient tout à fait en rapport avec les problématiques rencontrées dans ma pratique médicale. Ils m’ont permis de mieux comprendre le champ de l’épidémiologie et ont suscité en moi l’envie d’en savoir plus. Lors de ce MOOC, j’ai découvert le Professeur Arnaud Fontanet qui présentait les cours de manière simple et très claire. »

 Le choix du Mastère spécialisé et ses apprentissages...

près avoir suivi cette formation en ligne, Mamadou Kampo a postulé au Mastère spécialisé de santé publique de l’Ecole Pasteur-Cnam. En tant qu’obstétricien à Tombouctou (Mali), il faisait face à des cas groupés de paralysie ascendante pendant la grossesse ou après l’accouchement, avec parfois des complications dramatiques. Dr Kampo sentait qu’il ne disposait pas de tous les outils pour mener ses investigations. Son objectif était d’acquérir, avec le Mastère spécialisé, des compétences en santé publique pour mieux répondre à ce type de problèmes complexes et multidisciplinaires. En 2016, Mamadou intègre le Mastère grâce à la bourse de la coopération monégasque. Il explique :

« Cette bourse a été une grande opportunité pour moi. La formation du Mastère spécialisé de santé publique de l’Ecole Pasteur-Cnam a été une très belle expérience aussi bien sur le plan académique qu’humain. La première partie se composait d’un tronc commun, où les cours étaient assez intensifs comportant l’épidémiologie, la biostatistique, la santé globale, la sécurité sanitaire ainsi que les aspects de sciences sociales et santé. Cette étape m’a permis, d’une part, d’approfondir les notions d’épidémiologie avec en plus des cours, des travaux de groupe d’application concrète. D’autre part, j’ai été initié aux différentes spécialités dans les problématiques infectieuses et non infectieuses de santé publique.

De janvier à juin, c’était la spécialisation. Mon choix s’est porté sur le risque infectieux. Nous avons ainsi été formés aux différents aspects de prévention, d’investigation, de surveillance, du diagnostic et de prise en charge des maladies infectieuses notamment émergentes et ré-émergentes.

Un des grands avantages de ce Mastère spécialisé est qu’il est constitué d’enseignants et intervenants issus d’une grande diversité géographique et professionnelle en santé publique. Il ressortait de nos discussions et partages d’expériences beaucoup d’enseignements. J’ai beaucoup apprécié cette formation avec un groupe d’une vingtaine d’auditeurs. Ce qui nous permettait d’échanger facilement avec les enseignants. Nos travaux de groupe, les moments à la fin des modules et les trois semaines de formation à l’École des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP) à Rennes ont contribué à créer des liens forts. »

Pour son stage du Mastère spécialisé, Mamadou a travaillé dans l’équipe d’anthropologie médicale de l’Institut Pasteur avec la Docteure Tamara Giles-Vernick et le Docteur Victor Narat dans le cadre du projet SHAPES (une étude pluridisciplinaire de l'émergence des maladies : le regard des sciences humaines sur les relations hommes-singes en Afrique équatoriale). Il a effectué une saisie de données des activités humaines et de leur conséquence dans le cadre de contact avec les primates non humains, avant de les analyser. Ce stage a permis à Mamadou Kampo « d’appréhender l’organisation d’une unité de recherche et sa rigueur, ainsi que la multidisciplinarité nécessaire pour une approche globale des problèmes de santé publique ».

En outre, le Mastère spécialisé de l’Ecole Pasteur-Cnam a été riche d’enseignements utiles pour la suite du parcours professionnel du Dr Kampo : « Grâce aux connaissances acquises dans ce Mastère, je possède les outils nécessaires pour réaliser des études observationnelles de qualité dans ma spécialité », fait-il remarquer. Avant de poursuivre : « Au-delà de leur application dans ma pratique clinique hospitalière, ma formation en santé publique me permet d’apporter ma contribution dans le suivi et les actions d’amélioration des indicateurs de santé maternelle et néonatale en Afrique. »

➜ Après le Mastère, la poursuite d'un parcours dédié à la médecine obstétricale pour les populations démunies

Après le Mastère spécialisé, Mamadou est, en effet, retourné à l’hôpital de Tombouctou au Mali pour exercer en tant que Chef de service de la maternité. Sa formation au sein de l'Ecole Pasteur-Cnam lui a permis de disposer, en plus de ses compétences cliniques, des outils d’approche populationnelle indispensables pour dialoguer avec les décideurs.

C’est ainsi que Mamadou Kampo a réalisé un travail sur l’éclampsie à l’hôpital de Tombouctou, en mettant en évidence des délais de prise en charge longs et une mortalité élevée, soulevant la problématique du système de référence-évacuation dans la région.

Actuellement en disponibilité, il poursuit sa pratique obstétricale dans un hôpital d'Île-de-France afin d’améliorer ses compétences en diagnostic anténatal, peu développé dans les pays du Sud. Mamadou Kampo continue à utiliser les outils de santé publique pour mener ses activités de recherche clinique.

 

Sibylle Bernard-Stoecklin   Un parcours au sein de l’Agence nationale de santé publique
   Sibylle Bernard-Stoecklin (promotion 2015-2016) :

Sibylle Bernard-Stoecklin➜ Avant le Mastère spécialisé…
Sibylle Bernard-Stoecklin dispose une formation initiale de vétérinaire. Elle a complété son doctorat vétérinaire par un Master recherche en virologie, puis une thèse de doctorat en virologie sur la transmission sexuelle du VIH. Sibylle a ensuite effectué un post-doc en immunologie fondamentale au sein de la Harvard Medical School à Boston, MA.

Au cours de ce post-doc, Sibylle s’est cependant rendue compte que ces activités de recherche ne correspondaient pas pleinement à son projet professionnel. Elle souhaitait s’éloigner du monde de l’in vitro et des modèles animaux pour travailler dans un contexte de populations et de santé publique : un projet professionnel orienté vers les maladies infectieuses, mais avec une approche de santé publique plutôt que de recherche fondamentale.

 Le choix du Mastère spécialisé et ses apprentissages...

C’est pour cette raison que Sibylle Bernard-Stoecklin a effectué le Mastère spécialisé de santé publique de l’Ecole Pasteur-Cnam en 2015-2016. Ce Mastère, Sibylle l’a fortement apprécié pour son ouverture et sa dimension pluridisciplinaire. Pour quelqu’un en reconversion professionnelle, comme c’était son cas, il était très intéressant d’avoir des cours de santé mondiale et d’explorer des thématiques de santé publique diverses, au-delà des fondamentaux d’épidémiologie et de biostatistiques. Au sein de cette formation, Sibylle s’est particulièrement intéressée aux cours sur la surveillance des maladies infectieuses. Elle a réalisé son stage de fin de Mastère spécialisé dans l’Unité d’Epidémiologie des Maladies Emergentes de l’Institut Pasteur de Paris sur le MERS-CoV avec Maria Van Kerkhove.

A la suite de ce stage, Sibylle Bernard-Stoecklin a effectué une consultance en épidémiologie à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome sur le MERS-CoV et les outils d’évaluation des systèmes de surveillance. Elle a également pu y suivre les travaux sur la grippe aviaire. Au cours de cette expérience professionnelle, l’intérêt de Sibylle pour la surveillance des maladies infectieuses découvert pendant le Mastère spécialisé s’est indéniablement confirmé.

➜ Après le Mastère, un rôle national et international de surveillance et d'expertise sur la grippe...

Sibylle a ainsi postulé pour le poste de coordinatrice de la surveillance de la grippe qu’elle occupe encore à ce jour à Santé publique France. Depuis cinq ans, l’Alumna du Mastère spécialisé coordonne la surveillance de la grippe humaine au sein de la Direction des Maladies Infectieuses de Santé publique France. Il s’agit d’un poste riche et complexe qui la passionne au quotidien. Le rôle de Sibylle comporte deux facettes principales :

  1. Une fonction de surveillance de la grippe : interface avec les partenaires de la surveillance, production d’indicateurs, réalisation de bulletins de surveillance et de rapports sur ces données, etc.
  2. Une fonction d’expertise sur la grippe : veille scientifique sur la grippe, participation aux groupes d’experts nationaux et internationaux, etc.

Dans le cadre de la surveillance de la grippe, les activités de Sibylle sont multiples :

  • Son travail consiste tout d’abord à la coordination des systèmes de surveillance et comprend une interface importance avec de nombreux acteurs internes et externes à Santé publique France.
  • Sibylle contribue également à la production et à l’analyse d’indicateurs. Il s’agit de produire des données à l’attention du décideur et des instances qui monitorent l’état de santé des populations (e.g., analyses de risque, production de données informant le Ministère des Solidarités et de la Santé pour la décision en santé publique, production de données pour les instances d’expertise nationale comme le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) ou la Haute Autorité de Santé (HAS) afin d’informer leurs décisions sur les politiques de vaccination ou de prévention, etc.).
  • La production de documents de rétro-information est également au cœur du travail de Sibylle. Cette rétro-information s’adresse aux professionnels de santé qui produisent les données collectées et analysées par Santé publique France, mais également au Ministère des Solidarités et de la Santé et au grand public. Elle prend la forme de bulletins, d’articles annuels et d’articles scientifiques. Pendant les périodes d’épidémie de grippe, la rétro-information habituelle s’accompagne d’une part non négligeable de réponse à la presse, d’interviews et de communication sur ces données pour l’information du public.

Dans le cadre de ses fonctions d’expertise sur la grippe, Sibylle réalise aussi plusieurs activités :

  • Elle mène une veille scientifique approfondie sur cette thématique tout au long de l’année.
  • Sibylle participe aux groupes d’experts nationaux en tant qu’agent experte de la grippe à Santé publique France. Elle représente également la France au sein des instances internationales comme l’OCDC ou l’OMS – une activité d’interface avec les organisations internationales tout à fait passionnante qui lui permet de participer aux discussions internationales sur la thématique.

En plus de la grippe humaine, Sibylle travaille à la surveillance de la grippe d’origine animale (i.e., influenza aviaire et porcine). Elle a notamment récemment participé à la mise en place des investigations, analyses de risque et conduites à tenir à la suite de l’identification d’un cas humain de grippe porcine. Sibylle effectue aussi une veille scientifique sur la grippe d’origine animale et participe à des groupes de travail et d’experts sur le sujet, à l’interface avec l’ANSES, Santé publique France et le Centre National de Référence (CNR).

Enfin, à la suite de l’émergence du SARS-CoV-2, Sibylle a travaillé pendant 18 mois à plein temps sur la COVID-19, exerçant d’abord des fonctions d’expertise : veille scientifique, rédaction de notes et rapports à l’attention de la Direction Générale de Santé publique France et au Ministère de la Santé, participation à la mise en place de définitions des cas et de protocoles d’étude, et liens avec les instances nationales et internationales (i.e., HCSP, HAS, ECDC, OMS, etc.). Son implication s’est ensuite concentrée sur la surveillance des variants à Santé publique France, et plus particulièrement les analyses de risque produites par l’Agence. Une équipe dédiée a par la suite été recrutée, mais Sibylle conserve à ce jour quelques activités de surveillance de la COVID-19, en participant à l'analyse des données des réinfections par le SARS-CoV-2.